Read Comments

Pouvoir s’écrire, service-civique, vers l’autoformation d’une génération

tonte

Quatre années de formations et d’accompagnements réalisés auprès des « jeunes » en service civique nous ont amenés à observer des phénomènes sociaux récurrents. Cette observation a pu s’effectuer dans la mesure où ces formations n’ont pas pour but de dispenser un savoir, mais plutôt d’échanger sur la base de l’expérience des volontaires. Pour renforcer cette observation, et dans le cadre du suivi des volontaires, nous avons réalisé des entretiens du type « récit de vie ». Ces entretiens sont non directifs, ils laissent la personne dérouler le fil de son expérience à sa manière. C’est à la fois une façon pour nous de collecter de la matière, mais également un instant privilégié pour la personne qui accouche verbalement de la cohérence de son parcours.

Pendant ces quatre années nous avons été imprégnés de ces tendances sociales qui traversent cette génération. Nous avons d’ailleurs publié à ce sujet une «  Esquisse du portrait social des volontaires ». Ce document retraçait les rapports complexes d’une génération à sa famille, son école, son territoire, son travail, ses institutions…

Dans ce présent texte, nous choisirons d’aborder les mêmes questions mais sous un angle plus problématique. Il s’agira particulièrement de comprendre pourquoi la recherche d’emploi devient si centrale dans le parcours de chacun qu’elle vient impacter radicalement les trajectoires de vie. Nous étudierons alors les formations et déformations que subissent les parcours de volontaires, ainsi que leur impressionnante faculté de plasticité.

Le service civique suggère une dimension citoyenne. Cependant nous avons constaté qu’à chaque fois que l’on tentait de la débusquer chez les jeunes elle fuyait devant nous. Elle existe pourtant, mais le dispositif du service civique ne suffit pas pour la saisir. Il faut se pencher sur les idéaux et les aspirations de cette génération pour comprendre les valeurs qui l’animent et ce vers quoi elle aimerait tendre. Et aussi, ce qu’elle a envie de faire de notre monde.

Ce document n’a pas vocation à faire une analyse scientifique de l’éthique et de la sociabilité des jeunes. Mais plutôt mettre à disposition un ressenti étayé, sur les tendances et les enjeux qui touchent cette génération avec laquelle nous travaillons.

L’idéal aurait été que cet écrit émane directement de la plume des jeunes eux-mêmes. Il aurait eu une autre teneur et une autre portée. Pour ce faire, nous sommes en train de créer un espace de réflexion qui accueille les débats sur ces problématiques et qui vise à porter en public la parole de ceux qui ne veulent plus se faire « écrire » par les autres.

Sommaire

I/ Plasticité

Les repères formateurs 

L’emploi déformant 

Service-civique et transformation 

Les sources de la plasticité 

La reformation de l’engagement 

II/ Aspirations

L’autarcie, la simplicité, la solidarité

Le voyage, se délester du poids de la civilisation

Avoir un travail-passion

Les renoncements

III/ S’écrire

Contre la force des représentations sociales

Se donner forme

Le service civique en question

——————————————————–

I/ Plasticité

« Je suis attaché au territoire ici, mais si on me propose un travail ailleurs, je bouge, car le boulot, c’est le boulot. Mais je préférerais rester là, on verra bien. »

Pour analyser des phénomènes d’adaptation, la sociologie classique se plaira à disséquer des processus de socialisation, d’apprentissage, de transmission et d’intériorisation des normes et valeurs. Famille, école, entreprises, associations, étant des instances de socialisation où se diffusent les normes et valeurs essentielles à l’intégration de l’individu et au lien social de manière plus général. A dessein, nous choisirons ici d’éviter cette approche, sans réfuter pour autant sa pertinence. De la même façon, l’angle psychologique qui utilise les notions de « développement » ou de « personnalisation » sera contourné dans notre démarche. Nous ne remettons pas en cause les jeux d’apprentissages décrits par ces disciplines, qui démontrent avec succès comment l’individu intériorise et développe les comportements attendus par les autres, et qui lui permettront d’être accepté en société.

Nous proposons de faire un pas de côté pour envisager le parcours de nos volontaires sous l’angle de sa plasticité. Nous nous efforcerons de décrire un phénomène particulier de formation, de déformation et de reformation qui touche vraisemblablement une génération entière.

Entendons le terme de formation sous un angle plus large que les seules perspectives scolaire et professionnelle. Nous employons cette notion pour décrire une mise en forme, une manière de prendre forme, de se donner forme et/ou de se faire donner forme.

Les repères formateurs

Les volontaires dans leur grande majorité font état d’un fort attachement à leur territoire et à leur foyer familial. De la même manière les histoires sportives, associatives, amicales, étudiantes, scolaires, vécues avant l’entrée dans la vie professionnelle, sont présentées comme constitutives de leurs êtres actuels. Autrement dit, elles sont formatrices, ou « formantes ». Elles façonnent les contours d’une matière expérientielle en « millefeuilles » dans laquelle on se reconnaît, et grâce à laquelle on se définie. Cette matière expérientielle est faite d’éléments géographiques, éthiques, économiques, culturels, statutaires… Quand nous demandons à un volontaire lors d’un entretien de nous narrer les grandes lignes de son parcours au travers des moments clés, les thématiques du territoire, de la famille, de l’école, et des voyages s’imposent immédiatement dans son récit, en l’absence de suggestion préalable. Sans développer davantage ici, il faut noter que ces thématiques sont décrites dans toute leur complexité. La famille par exemple est autant envisagée dans ses dimensions relationnelles, que sous l’angle du statut social et de l’économie des parents, en lien avec une éventuelle tradition, des valeurs, un terroir, un quartier… De la même manière, l’école, au delà des critiques quasi systématiques dont elle fait l’objet de la part des volontaires (peu flexible, peu à l’écoute des envies de chacun, trop « théorique »…), laisse une trace marquante dans le parcours d’expérience. Cette trace est décelable au travers de la précision, de la passion et de la cohérence des récits abordant les étapes de la scolarité et les relations avec les membres de l’institution scolaire.

Cet attachement à ces repères semble d’autant plus marqué que le monde extérieur est en perpétuel mouvement. L’information, les déplacements, les communications, les déménagements, les changements de carrière, les ruptures familiales s’accélèrent et participent de l’instabilité environnementale au moment même où l’on est en train de « prendre forme ». Ainsi les récits des volontaires racontent les péripéties d’une formation dans le tumulte. Pendant toute cette période où se construisent les formes sociales de l’individu, la fidélité aux points de repères territoriaux ou familiaux n’a d’égale que l’agitation ambiante de l’environnement social et économique. Nous pouvons constater une forte propension à rester encordé à ces ancrages pour avancer plus sereinement en période de tempête sociale.

Contrairement aux théories du repli identitaire à la mode ces temps-ci, et à la différence des idées reçues sur le repli familial (soi-disant au détriment d’une sociabilité de classe ou de quartier), nous constatons avec les volontaires que les repères territoriaux, traditionnels et familiaux n’ont de sens que dans la mesure où ils servent une exploration encore plus poussée, diversifiée et risquée du monde extérieur. La récurrence des expériences fondatrices de voyages à l’étranger ou d’études réalisées dans d’autres régions ou d’autres pays, montre cette capacité à l’ouverture et à l’excursion loin des origines. Beaucoup de volontaires font preuve d’un goût accru pour la découverte, pour le frottement avec de nouvelles cultures, pour l’expérimentation de nouveaux modes de vie… La tendance n’est donc pas à l’enfermement, mais plutôt au voyage « assuré », bien encordé aux amarres sociales. Le lien avec les cellules territoriales et familiales reste donc très fort puisqu’il est souvent question «  d’y retourner ». Jusque là, cet ensemble constitue une forme plutôt cohérente et facile à décrire, malgré péripéties et excursions.

L’encordage commence surtout à se déliter au moment du passage à la vie professionnelle. Ainsi la première étape singulière de « déformation » de la matière expérientielle précédemment évoquée, intervient face au marché du travail.

L’emploi déformant

La nécessité de travailler vient glisser un jeu (au sens d’écart et de friction) entre la première couche de matière expérientielle et l’être employable qu’il faut devenir pour subsister. Ce jeu fonctionne comme un frottement croissant qui vient user les amarres, jusqu’à les remettre en question totalement sur certains versants. Il en résulte un détachement bien plus conséquent que le fait de partir loin pour faire des études, probablement car l’enjeu est sans commune mesure.

L’ampleur des déformations qui résultent de la confrontation au marché du travail est éloquente. Quand il s’agit d’emploi, les jeunes développent une plasticité sans précédent. Implicitement parfois, et très souvent explicitement, nous entendons dans les entretiens « je suis prêt à tout pour décrocher mon premier contrat ».

La quête effrénée de cette première expérience professionnelle à afficher sur un CV semble conduire cette génération à d’impressionnantes contorsions. Voilà pourquoi nous parlons ici de « forme ». Car en l’occurrence, la forme qu’avait prise l’être social jusqu’alors, se retrouve complètement remodelée pour passer au travers des mailles du marché du travail. Il s’agit de reconfigurer, distordre, redessiner une matière expérientielle pour se rendre employable. Bien plus qu’un simple apprentissage de nouvelles normes et valeurs (les sociologues parleraient de socialisation secondaire), nous assistons à un réagencement des caractéristiques d’un être social, le conduisant à une sorte de déformation au regard de la forme qu’il présentait jusqu’ici. Autrement dit, cette génération se laisse la liberté de saisir toutes les opportunités, quitte à prendre un chemin opposé à celui prédestiné par son itinéraire social passé. Dans ce sens, nous pourrions parler de « déviation » du parcours, en restant sur l’allégorie du chemin. Toutefois la déviation est sensée ramener sur la voie de la destination initiale, or, la déformation à l’œuvre est d’une certaine manière irréversible. Ce phénomène social est plus proche d’une transformation permanente qui ne repasse jamais vraiment par l’état initial (cette forme expérientielle décrite avec force dans l’entretien) et qui ne va pas non plus vers les objectifs initiaux (ce que l’on croyait devenir).

S’il est nécessaire de le rappeler, nous marquons ici une distance vis à vis d’une approche plus psychologique qui se situerait sur le plan de la personnalité. Nous ne disons pas que les individus reconfigurent leurs « traits personnels » ou leur « caractère » pour trouver du travail. Mais plutôt qu’ils assouplissent la structure sociale résultante de leurs expériences passées et de leur contexte. C’est à dire qu’ils se laissent la possibilité de ne pas devenir ce que leur itinéraire social laissait supposer.

L’exemple premier que nous rencontrons est de toute évidence la rupture familiale et territoriale. Cette génération, à l’image du personnel expérimenté obligé de partir de chez lui pour garder un poste suite à une délocalisation, est prête à mettre en sourdine plus ou moins temporairement son penchant pour une localité et les gens qui y habitent. Quand bien même elle considérait autrefois ces éléments comme constitutifs de son être. En l’occurrence, dans les récits, nous observons un contraste criant entre l’affection prononcée pour ses racines et une capacité à s’extraire de son contexte pour obtenir un contrat de travail. Il n’est pas uniquement question de changer de région, mais bien souvent de pays, voir de continent. Il est intéressant de se demander quel prix un individu serait prêt à payer pour se passer de la sociabilité qu’il a construite le temps d’une vie. Ce prix aujourd’hui, pourrait s’appeler un contrat de travail. Le premier du moins.

Au delà d’un changement de territoire et d’une distension de la sociabilité (familiale et amicale notamment), cette génération semble prête à aller au devant d’une acculturation forte (apprentissage de nouveaux modes de vies, langues et coutumes). Rappelons ici que le goût de l’aventure n’est pas la première raison qui stimule l’individu pour trouver un emploi à l’étranger. En réalité, il est poussé à élargir le champ de la recherche par l’absence généralisée d’opportunités pour construire sa première expérience professionnelle. Ensuite, à ce jeu là, les plus doués en langues étrangères et les plus expérimentés en voyages (comprendre aussi par là « les plus fortunés »), s’en sortent évidemment mieux.

Le deuxième exemple de « déformation » sociale que nous avons relevé est en rapport aux études. Notre analyse porte sur deux aspects.

Premièrement, nous constatons que les plus diplômés sont confrontés à une situation très sensible. Trop peu expérimentés pour les postes qualifiés à la hauteur de leur diplôme, les jeunes issus d’un master 2 ont tendance à se rabattre sur les offres d’emplois moins qualifiés. A ce moment là, les portes de l’emploi leur sont fermées une deuxième fois, car « trop diplômés et trop onéreux » pour ce genre de poste réservés à des niveaux de qualification inférieurs. Au final, les volontaires en service civique que nous suivons, avant ou après leur mission, se retrouvent à travailler dans les services ou l’industrie, dans les emplois les plus précaires où la qualification est indifférente. Ainsi la première déformation porte sur une échelle verticale dressée par les représentations sociales liées aux diplômes. Il serait effectivement logique de croire qu’un diplôme élevé, a plus de chances de conduire à un poste qualifié. Plus en détails, c’est toute une sociabilité étudiante qui se constitue autour de destins communs qui risque de déchoir face à la réalité de l’emploi et du chômage. Cette génération diplômée se forme de manière latente dans un milieu étudiant qui partage une connivence d’aspirations, de corporation, de culture professionnelle, ainsi que de perspectives concernant un futur métier. Or une fois devant le mur de l’emploi, il faut se déformer et concevoir de nouvelles perspectives (à la baisse) pour son avenir. Le temps des études avec ses logiques de corporation nourrissait un socle stable sur lequel construire l’image sécurisante d’une carrière à venir. Le marché du travail, à l’inverse, nourrit une reconfiguration permanente des aspirations et des projections, ce qui génère plutôt de l’insécurité et noircit l’horizon. Cette déformation (en tant que rupture avec les prédestinations d’un itinéraire social), n’est cependant plus vraiment une surprise, car aujourd’hui dans les milieux étudiants, la faiblesse de corrélation entre le diplôme et l’emploi est connue de tous. Quelque part, cette génération y est déjà préparée.

Deuxièmement, sur une échelle plus horizontale, il est frappant de voir que la branche dans laquelle le premier contrat de travail est signé est souvent très éloignée du domaine initial d’étude et de formation. Malheureusement le phénomène se cumule avec les deux points précédents. Il n’est pas rare de voir un jeune chercheur d’emploi, signer son premier contrat à l’étranger sur une fiche de poste déqualifiante et dans un domaine sans lien avec sa formation. Sur ce dernier point, prenons bien la mesure d’une telle déformation. Il s’agit d’une remise en question de tout l’imaginaire qui a été développé en amont concernant l’orientation. Cette génération doit répondre de plus en plus tôt, car sollicité par la famille et l’école, à la question « que faire plus tard? ». Un système lourd d’orientation est mis en place, il fait en sorte que s’opèrent très tôt les choix de filières, de spécialité, de langues… La spécialisation sectorielle est envisagée si rapidement qu’elle laisse croire aux étudiants qu’ils sont destinés à évoluer dans un secteur de plus en plus précis. C’est toute une culture du futur, du devenir, du potentiel métier et de la carrière qui se construit implicitement dans ces espaces scolaires. Une culture qu’il faut reconfigurer, déformer et reformer, pour passer le cap du premier contrat.

Alors, la réalité cynique de la déformation sociale forcée que connaît cette génération à la sortie des études nous amène à nous interroger largement sur notre conception de la progression pédagogique, de l’orientation et du rôle l’école. En tout cas, tant que l’école sera communément acceptée comme un lieu de formation des travailleurs, nous pouvons affirmer, au regard de nos entretiens avec les jeunes volontaires en service civique, qu’elle est en échec sur ce point. Mais qui ne le serait pas dans un tel contexte économique? A l’inverse, si on regarde de plus prêt la force des valeurs et des convictions de ces mêmes jeunes, l’école semble plutôt réussir quand il s’agit de former des individus émancipés à-même d’exercer pleinement leur citoyenneté.

Ces quelques exemples nous permettent d’illustrer la plasticité, la souplesse, et les contorsions dont sont capables cette génération face à un contexte socio-économique peu favorable à l’emploi.

Service-civique et transformation

Notons que le service civique est, dans la quasi totalité des cas, utilisé comme une aubaine pour se former au monde du travail. C’est une manière de forger cette première expérience, inatteignable par les voies du contrat de travail. Une façon d’expérimenter sans prendre de risque et en mettant en œuvre « l’esprit d’initiative » tant plébiscité dans les offres d’emplois. Sur un versant plus stratégique, le service civique est pour beaucoup une manière de se constituer un réseau de contacts et ainsi de multiplier les chances de faire une rencontre providentielle qui pourrait les aider à ouvrir le sésame de l’emploi. Et si nous voulons rester justes, nous devons constater que le service civique est avant tout un gagne-pain pour éviter de retomber dans la dépendance financière familiale, ou la misère.

Cependant, l’angle originel du service civique basé sur les valeurs de l’engagement n’est pas démenti pour autant. La réalité des missions des volontaires porte effectivement sur ce qu’on définit habituellement comme de « l’intérêt général ». Simplement, cet angle n’est pas la première entrée chez les jeunes que nous avons rencontrés, qui dans l’ensemble, ont recours au dispositif pour des raisons économiques et sociales.

Ainsi, pour revenir sur le thème de la plasticité, nous constatons que le service-civique est utilisé comme un outil pour parfaire ce changement de forme et cette transformation indispensables au passage des frontières de l’emploi.

Les sources de la plasticité

Cette gymnastique sociale n’est cependant pas magique ou innée. Elle a certainement fait l’objet d’une programmation de longue date. Nous nous laisserons aller ici à quelques hypothèses.

La première tient à la perspective quasi unique du chômage à la sortie des études. Cette génération a grandi avec l’idée banalisée que le marché du travail était devenu un lieu de lutte et de concurrence entre chercheurs d’emploi et de rareté des offres d’emploi. C’est peut-être pour cette raison que la première forme sociale d’apparence solide dont nous font part les jeunes en entretien, se laisse transfigurer aussi facilement au contact du marché du travail. Car cette forme sociale achevée contenait déjà en elle le germe de la transformation. Il est vrai que les discours scolaires, familiaux, médiatiques sur l’omniprésence du chômage, ainsi que le quotidien fragilisé par l’insécurité de l’emploi, forment ensemble une narration cohérente qui est perçue et intériorisée par cette génération. Cette dernière a beau se constituer solidement autour de ses origines territoriales, familiales et culturelles, quelque part, elle sait que cette structure va devoir se recomposer le jour J. Quand il s’agira de regarder les offres d’emplois sur internet, écrire une lettre de motivation, passer un entretien d’embauche… déjà la transfiguration sera en route, facilitée en amont par l’ensemble des discours sur la réalité de la « vie active ».

La deuxième hypothèse serait éventuellement à chercher du côté de l’école qui n’a eu de cesse de s’adapter au monde de l’entreprise depuis que s’est délité l’idée du collège unique et du socle commun, au profit de l’apprentissage différencié de « savoirs-être » et de compétences. D’un côté les étudiants souhaitent que leurs études soient directement mobilisables sur un futur lieu de travail. De l’autre côté les entreprises ont besoin de jeunes recrues opérationnelles à la sortie des études. Alors notre école se plie doucement à ces injonctions qui viennent de tous les fronts. Elle aussi, comme l’entreprise, se met à valoriser le travail en équipe, la collaboration, les réseaux, l’efficience dans la production, la compétence, l’adaptabilité, le savoir-être autant que le savoir-faire ou même le savoir… soit, en d’autres termes, l’employabilité.

En conséquence, l’ampleur de la transfiguration dont les jeunes sont capables nous semble dès lors plus logique, si l’on prend en compte ce germe d’adaptabilité qui très tôt a fait l’objet d’un travail d’intériorisation, et qui éclot le jour où l’on frappe à la porte de l’emploi.

Nous semblons lier de manière systématique cette déformation sociale avec l’accès à l’emploi, mais pour être plus juste il faudrait plutôt parler du passage à la vie active et indépendante dans sa globalité. Car en effet, de manière plus marginale, la « rupture des amarres » nous a été décrite non pas comme une résultante de la recherche d’emploi, mais plutôt comme le fruit d’un processus d’autonomisation vis à vis d’une histoire familiale excessivement chargée de filiations économiques, culturelles et idéologiques.

La reformation de l’engagement

De manière assez significative nous avons constaté que les volontaires ayant déjà eu un premier emploi auparavant, ont fait rejaillir des valeurs et des formes plus solides lors de cette expérience. Nous tendrons donc à dire que la plasticité, la souplesse, les contorsions (…) valent davantage au sujet de l’accès à l’emploi, que dans l’exercice de l’emploi lui-même. Comme s’il s’agissait d’une frontière à traverser et que les formalités demandées par les douanes à l’entrée devenaient caduques une fois passé de l’autre côté de la barrière. Nombreux sont les récits évoquant des refus de l’autorité illégitime, de formes inhumaines de management, de la compétition entre collègues… Et au delà des relations de travail, les finalités des organisations ont souvent été questionnées par les volontaires, en vertu de valeurs de solidarité ou d’écologie par exemple. Nous pourrions résumer ainsi la posture de ces volontaires après leurs premières expériences de contrat: « je suis prêt à tout pour avoir un premier contrat, mais une fois signé, je ne suis pas prêt à tout supporter ». Ce qui est d’une certaine manière plutôt rassurant. Comme si la flexibilité de l’être social finissait par trouver ses limites sur un socle rigide, servant de bases à des horizons plus émancipés.

Ce sursaut éthique est le signe d’un retour à une stature plus affirmée après avoir emprunté des postures contorsionnées au bon vouloir du marché du travail. Le schéma de la formation, déformation, reformation, semble donc toujours applicable. La question de l’accès à l’emploi est si centrale chez les jeunes en service civique, qu’elle est vraisemblablement une des rares en mesure de provoquer chez eux de telles transfigurations.

II/ Aspirations

« J’aimerais trouver du boulot, n’importe quoi, mac do, ménages, un truc qui me ramène de l’argent; puis économiser, acheter un VW Combi, et partir! »

Sur le papier, l’engagement étant sensé être une des bases du recours au service civique, nous avons tenté de le mesurer en posant directement la question. « Quelles valeurs mettez-vous en jeux dans vos missions? » « Sur quelles valeurs vous êtes-vous engagés dans votre service civique? » « En quoi faites-vous œuvre d’intérêt général dans le cadre de vos missions? » (…) Toutes ces formulations étaient globalement des échecs. Les volontaires y répondaient majoritairement par le silence, ou par une sensation confuse de devoir se justifier en terme de citoyenneté alors qu’au fond leur vrai problème était économique. Elles étaient certainement trop chargées de nos attentes en tant que formateurs, et trop loin de la réalité des volontaires. Ces derniers étant avant tout engagés en service civique, pour se dépêtrer d’une situation quasi inextricable concernant la première expérience professionnelle.

Avec le temps nous avons changé notre fusil d’épaule. Nous demandons désormais « à quoi aspirez-vous personnellement, quels sont vos idéaux pour votre avenir? » Étonnamment cette dernière formulation touche une source intarissable de réponses.

L’autarcie, la simplicité, la solidarité

Grand nombre de volontaires nous expliquent que leur idéal personnel est d’acheter un terrain, d’élever des animaux et/ou de faire un jardin, d’y construire une maison écologique et simple. Éventuellement d’avoir un voisinage avec qui partager cet idéal autarcique. Et quand en formation nous les faisons travailler en groupe sur leur société idéale, beaucoup imaginent des relations économiques basées sur la solidarité, les systèmes d’échanges locaux, loin de la concurrence et de la productivité.

Les ensembles urbains sont aussi très critiqués, car générateurs de stress et de mode de vie insoutenables. L’aspect anxiogène des villes et de ses transports, la pollution, le manque de lien social et l’individualisme sont attaqués de toutes parts par cette génération qui aspire au calme, à plus de sens, et surtout, à plus de temps. En conséquence, elle n’hésite pas à concevoir une refonte totale et intelligente de nos systèmes économiques, sociaux, éducatifs, culturels…

En tant que formateur, nous concluons souvent que nous avons trop négligé l’impact sur cette génération des théories de l’écologie politique, de la décroissance et de l’économie alternative et solidaire, de la bio-dynamie et de la permaculture, entre autres…

Le voyage, se délester du poids de la civilisation

Les volontaires nous disent souvent vouloir « partir faire le tour du monde avec un sac à dos », une vieille voiture, parfois un ami. Cette aspiration est décrite comme une rupture avec beaucoup d’éléments de notre vie quotidienne. Certains en ont marre des « écrans » et veulent vivre des expériences sensibles et réelles, « voir par soi-même ». D’autres font état d’une pression sociale trop forte pour « entrer dans le moule » et veulent se donner du temps pour explorer, voyager sans rien, délestés du poids de notre société.

C’est notamment le cas des plus diplômés qui ont eu jusqu’ici un parcours linéaire sensé les transporter à vitesse maximale sur les rails du travail. Ils ont alors la sensation de passer à côté de quelque chose et veulent se donner le temps de l’errance, de la pérégrination, du nomadisme…

Avoir un travail-passion

Beaucoup, moins grandiloquents mais non moins marquants, ont saisi l’ampleur de la déformation indispensable pour s’adapter au monde de l’entreprise. Alors, dans leurs présentations d’idéaux, les volontaires décrivent le besoin viscéral d’avoir un travail qui leur plaît et qui serait la résultante d’une passion en amont. Pouvoir faire d’un sport, d’une pratique artistique, d’une passion, un métier. « Travailler avec les enfants », « être crossman professionnel », « travailler dans le spectacle », « bosser dans l’environnement »… tous les champs de l’activité humaine sont touchés. Et pour quelques uns d’entre eux, le service civique est un moyen d’expérimenter cet idéal.

D’autres mettent l’accent sur la nécessité de rester en mouvement en ayant un travail dynamique et diversifié. L’idée de rester dans un même domaine 35h par semaine pendant toute une vie les rebute parfois, malgré la stabilité et le confort d’un CDI. Quelque part, cette capacité de mouvement est conforme aux attentes du monde économique actuel. Mais ce que cette génération souligne avant tout, ce n’est pas une aspiration à la malléabilité et à la flexibilité, mais le désir profond de concilier plaisir et revenu.

Les renoncements

En tant que formateurs nous sommes frappés par la radicalité de ces idéaux. D’autant plus qu’ils sont vraisemblablement très partagés. Nous nous demandons donc comment le monde peut-il encore être ce qu’il est, alors que toute une génération porte en elle des aspirations si fortes. Le potentiel de transformation sociale est incroyable. Si une infime partie de ces jeunes partait effectivement voyager avec un sac à dos, conciliait plaisir et travail, et construisait des éco-villages, notre paysage en serait déjà tout retourné.

Alors pourquoi le paysage n’est pas si différent? Pourquoi une majorité des ces jeunes gens renoncent à leur aspirations? Que deviennent ces désirs pourtant énoncés de manière si prégnante?

A notre niveau, nous ne pouvons que dresser quelques hypothèses incertaines. Nous posons quand-même la question aux jeunes « Qu’est-ce qu’il vous manque pour mettre en place ces idéaux ». Bien-sûr la réponse immédiate est « l’argent ». Nous ne la négligeons pas, au contraire. Il est évident que les contraintes économiques nous déterminent et nous orientent. Mais dans un groupe de douze jeunes, si déjà six ont envie d’autarcie communautaire sur un terrain à la campagne, on pourrait imaginer qu’il suffirait qu’ils se mettent à travailler ensemble pour dépasser la question financière.

Alors il faut creuser plus loin. A ce propos certaines paroles décrivant la force exercée par les représentations sociales sont éloquentes.

« Y’a un truc qui m’énerve, et depuis jeune, c’est le dépit de la vie. Tout faire par résignation, car on est obligé de le faire, car on nous a appris comme ça, depuis des générations. Et dès que tu veux faire autrement, tu passes pour le plouc du village. »

L’économie est une limite matérielle certes, mais elle est potentiellement surmontable, surtout au regard des solutions avancées par les jeunes eux-mêmes (systèmes d’échanges locaux, troc, monnaies locales…). Mais il est bien plus difficile de lutter contre le poids des représentations qui nous accablent.

Les instances scolaires, familiales, médiatiques, concourent à un ensemble de représentations contraignantes pour le parcours social individuel. Par ce biais, elles fabriquent dans l’imaginaire de chacun une définition commune et restrictive de la réussite. Cette définition dont on pourrait objectivement douter, est considérée comme acceptable et légitime au fil du temps. Car les instances qui l’ont diffusée s’évertuent quotidiennement à faire de la vie active par le travail employé, la carrière, la propriété, la vie de famille (…) une perspective plus raisonnable qu’une vie faite de passions. Et un tel discours performatif relègue au stade de loisirs, d’activités de week-ends, de pratiques d’amateurs, des aspirations infiniment plus profondes. La contrainte économique effectivement subie, et la nécessité de « croûter » viennent parfaire ces représentations sociales que l’on a de la réussite, en leur octroyant définitivement les derniers éléments de légitimité « réaliste » qui leur manquait. Et ensuite il est tout naturel de conclure « effectivement, je n’ai pas le choix, je dois en passer par là, ainsi va la vie ».

Le renoncement s’impose alors comme un « réalisme sage », même si cette soi-disant réalité n’était pourtant pas une fatalité.

Mais plutôt que d’essayer de comprendre d’où viennent les renoncements, il vaudrait mieux imaginer comment ne pas renoncer.

III/ S’écrire

Il y a très peu de jeunes qui ne désirent pas s’extraire de la pression sociale et des parcours déjà balisés. La réponse la plus méprisante et la plus improductive, serait de dire qu’il ne s’agit que de rêveries adolescentes, et qu’elles s’éteindront avec le temps. Ce discours performatif là porte malheureusement ses fruits, puisque nous constatons que les idéaux se mettent entre parenthèse au profit de l’emploi, entre autres. Mais il aurait pu, il aurait même dû en être autrement.

Notamment nous qui sommes au cœur du dispositif du service civique fondé sur la citoyenneté, comment pouvons nous laisser passer toutes ces chances de voir des idéaux se réaliser en société?

Contre la force des représentations sociales

Face aux traumatismes provoqués par la recherche d’emploi, face aux pouvoirs qui définissent ce qu’est une vie réussie à notre place et constatant qu’une large majorité des idéaux de cette génération étaient relégués au stade de loisir, nous avons décidé de constituer un groupe de réflexion avec des jeunes volontaires.

Ce collectif fonctionne tel un laboratoire, où s’expriment et s’expérimentent les idéaux, où l’on travaille les représentations sociales qui nous animent.

La démarche consiste à prendre la liberté de s’écrire, de se définir, de se former. « S’écrire », c’est faire en sorte que les autres ne nous « écrivent » pas à notre place. C’est une manière de refuser les stéréotypes qui collent à la peau d’une génération (dans laquelle nous nous incluons), en montrant la complexité de nos parcours et en rejetant les définitions catégorielles qui n’en voient qu’un petit bout. Ce travail de recherche en atelier vise à pouvoir se sentir libre de son parcours sans accepter les étiquettes de déviants, marginaux, inadaptés, déficients, sur-efficients, délinquants, déscolarisés, décrocheurs scolaires, chômeurs, RMIstes, réussis, ratés, que les jeunes subissent et s’appliquent parfois à eux-mêmes tellement ils les ont intériorisées.

Cette démarche suggère de ne pas se laisser labelliser de manière hétéronome, c’est à dire de l’extérieur. Et au contraire, le but est de créer nos propres labels, nos propres voies. L’autonomie signifie ici « se définir avant qu’on le fasse à notre place ». Puis essayer de mettre en stand-by le pilote automatique qui nous a guidés jusqu’ici, alors même que nous avions déjà des raisons valables de lui résister (des valeurs, des attaches, c’est à dire une première forme sociale singulière). C’est pour cela qu’en atelier nous passons tout notre temps à questionner et partager les représentations sociales dont nous nous sentons les esclaves.

Quand nous parlons « d’écriture », il s’agit effectivement d’écrire noir sur blanc les résultats de nos analyses et de nos réflexions pour inscrire notre parole dans l’espace public, saturé d’une pression sociale et économique étouffante.

Mais l’écriture peut relever d’autres formes que l’écrit pur, il peut s’agir de films, de photos, de reportages sonores… L’essentiel est de poser du sens et peu importe la forme. Sous un autre angle, il s’agit de se réapproprier des espaces délaissés, en fabriquant de la connaissance là où on a arrêté d’en produire, et là où par négligence, nous laissons trop de place aux stéréotypes dominants.

Cet espace de recherche-action est là pour nous aider à sortir des rails sans s’infliger pour autant la dévaluation sociale (statuts) que les représentations sociales nous mijotent. Car par la recherche, les entretiens, les enquêtes sociales, les lectures, les situations que nous vivons et l’analyse que l’on en fait, nous nous octroyons la légitimité d’expérimenter de nouvelles voies. La représentation sociale n’est pas une idée travaillée explicitement, pourtant elle nous guide en réalité. Elle est souvent le résultat impensé d’une histoire que l’on a laissée s’imposer à nous comme naturelle et normale. Puis nous n’en connaissons souvent pas l’origine, trop éloignée et trop complexe pour être saisie. Nous vivons parmi elle, avec la sensation qu’elle a toujours été là. Mais quand en atelier le travail explicite de conscientisation se met en route, la représentation sociale recule. Cette recherche est faite par des non spécialistes qui vivent eux-mêmes des situations problématiques, ainsi éclot une légitimité bien plus grande que celle de la représentation sociale.

Le but n’est pas de créer une génération de marginaux. C’est même exactement le contraire. Il s’agit de s’attribuer le pouvoir de redéfinir cette histoire de marges. Ou plus exactement, de déconstruire légitimement le cloisonnement injuste de l’espace social, qui serait fait d’un centre et de marges. Le but est donc plutôt de faire en sorte qu’une génération qui manifestement aspire à un autre monde que celui qu’on a préparé pour elle, ait tout loisir de l’expérimenter sans se faire traiter de marginale. L’objectif est donc de faire accepter ces désirs comme normaux, plutôt que de les briser selon une définition restrictive de la normalité.

Cet atelier est là pour que les aspirations ne soient plus perçues comme excentriques ou déviantes, et qu’elles aient enfin une vraie résonance dans l’espace social.

C’est aussi un moyen de redonner ses lettres de noblesse à une citoyenneté qui fait apparemment l’objet d’une désaffection sans précédent.

Se donner forme

Voilà aussi pourquoi nous parlons d’autoformation. Etre un citoyen exerçant pleinement ses droits ne revient pas à se contenter de devenir ce qu’on attend nous. Cette apathie est sans doute le cancer de nos démocraties et la source des plus tragiques délégations de pouvoir. Il est vrai que par essence, il est difficile de choisir nos premières formes sociales. Nous arrivons vierge au monde, et c’est le monde qui nous précède qui imprime en nous nos premiers marqueurs sociaux. Mais nous pouvons imaginer avoir prise sur la suite, et ne pas laisser toute latitude à la recherche d’emploi, à la force des représentations ou aux pouvoirs en place de nous déformer. Si nous sommes un tant soit peu humanistes ou citoyens, comme indiqué sur le fronton du dispositif service-civique, avoir prise sur le monde et sur nos parcours devrait-être la moindre des choses.

Entendons-nous bien, la déformation peut avoir ses vertus. Des rencontres, des idées, des situations, des découvertes, un travail, peuvent nous amener à nous déformer et souvent cela sera salutaire. Mais les déformations que nous constatons avec les jeunes en service civique sont davantage traumatisantes, et vraisemblablement en contradiction forte avec leurs aspirations qu’ils n’ont même pas pu expérimenter en réalité. Face à ces puissances nous devons négocier des espaces de recherche-action, de réflexion, d’écriture, d’expérimentation, de production de sens, pour laisser une chance à ceux qui le désirent, de se donner forme.

Le service civique en question

De la même manière, le service civique pourrait être un temps d’exercice de ses idéaux, et de confrontation au monde tel qu’il existe, au travers de ses structures, notamment associatives. Plus nous calquons le service civique sur le modèle de l’emploi, plus nous fonctionnons de manière coercitive, dans le sens des représentations sociales. Autrement dit, nous reproduisons le monde tel qu’il existe déjà. Est-ce ce que nous souhaitons? Nous militants associatifs? Nous mouvements d’éducation populaire? Il est regrettable que nous fabriquions à leur place les formes sociales des jeunes en service civique en leur imposant nos fiches de postes, nos rythmes, nos procédures, nos valeurs… De la même manière qu’on recruterait un employé. Prendre un jeune en service civique dans sa structure suggère que l’on soit capable de remettre notre organisation en question. Que l’on se laisse bousculer. Que l’on accueille ses aspirations en leur faisant une place, et qu’on lui donne les moyens de les expérimenter.

Une grande partie des jeunes estime que le service civique est un emploi déguisé. Une majorité d’associations a besoin du dispositif pour avoir une main d’œuvre moins chère en temps de crise. Les entreprises quant à elles sont satisfaites de recruter des jeunes plus expérimentés. Les jeunes eux-mêmes sont heureux de pouvoir noter l’expérience en service civique sur leur CV. Voilà la réalité d’un dispositif sensé valoriser l’engagement avant tout. Si nous laissons ces dérives proliférer, sans les questionner, nous risquons d’assister béats à la création d’une forme généralisée de sous emploi, sans garantie sociale, qui sert à peine temporairement l’insertion dans le monde du travail. Alors, pour que la dimension citoyenne ne soit pas qu’une couche de peinture humaniste par dessus une nouvelle forme de précarité, nous devons entendre que cette génération est en capacité de changer le monde, sur le champ.

Nicolas Guerrier

Formateur service-civique FAL 19

Intervention au regroupement régional du Service-Civique – DRJSCS Limousin – 6 Juin 2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *