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Passants Manifestants

Difficile de ne pas se dire : « quel cortège !». Rendre à la foule en quelques clichés ce qu’elle est venue donner, de la masse, du monde, du bruit semble la moindre des choses. Mais les différences avec le 9 mars sont belles et bien là. Un accordéon perpétuel marque les pas des syndicats, des étudiants, des salariés, des lycéens. Chacun laisse de la place pour que sa bâche frontale soit lisible, les drapeaux sont groupés, la marche des entres-soi avance laissant des zones sans étiquettes. Dans ces flous se dessinent des questions. Qui sommes-nous dans la lutte ? Qu’est-ce que va faire mon voisin de cortège demain ? Qu’est-ce que se disent ces gens aux balcons ? Et ce passant qui attend à vélo que le cortège passe ? Et les maçons qui fument une cigarette en regardant passer les syndicats ? Dois-je prendre le regard d’un passant et d’un manifestant pour produire ces quelques images ou dois-je chercher la hauteur, le grandiose et le conflit ? La réponse je l’ai eu quand j’ai vu un photographe attraper deux lycéens déguisé à la Mad Max et leur demander de poser au milieu du cortège. Mais d’autres question restent là, en fond, sommes-nous vraiment dans la lutte ? Quand on scande la révolution aujourd’hui en sachant que demain sera toujours plus violent, à quoi tiennent ces sourires aperçus ce matin ? Cette lutte je ne peux que l’imaginer morte demain ou dans quelques semaines voir même tout simplement lessivée par cette pluie de fin de manif mais quelques perspectives restent là, à ruisseler.

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