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MATIN

Il est mort et je perçois la transformation de mon existence. Aucune tuile de peau n’a bougé d’un pouce. Aucun cil n’a levé le p’tit doigt.
La transformation est profonde et invisible. Maintenant le monde est un peu plus à moi, ou alors suis-je un peu plus au monde ?

Scan 5

 

 

 

Qui plus est, il n’est plus.

 

 

 

 

Je ne vois pas comment se dire: j’ vais penser la société et rompre avec les philosophies existentialistes.
Mon regard n’est jamais de glace, mon sang à 37 degrés. Une existence ça n’est pas juste une vie.

C’est parce qu’elle est courte que j’ai envie de la partager. C’est parce qu’elle est aujourd’hui que j’ai envie de la vivre.

Rien de moins que l’éblouissement.

Comment a-t-on réussi à se laisser convaincre que puisqu’elle était courte il fallait la garder pour soi ? Qu’il fallait la ramasser, la contenir et lui fabriquer un œuf ?

Scan 7Pourtant.

« C’est dans les œufs qu’on aimerait le mieux découvrir des articulations. » Henri Michaux

Le petit mathématicien que nous sommes, mise sur une densité plutôt que sur une étendue. Nous sommes lourds.

Les blancs ne montent en neige que battus. Il y a dans l’agitation quelque chose de merveilleux. Mettons-nous en vie, en mouvement, en neige.

Scan 4

La vie passe et nous passons notre vie à nous en inquiéter. Une immense partie de notre force est consacrée à une préservation impossible. Alors qu’il ne reste, à la fin, que le changement.

-La Révolution.
-Oui, mais… ça change rien.

Rien ne change rien tout de suite, même la mort ne change pas tout.

J’ai rarement éprouvé une telle solitude.
La solitude d’un malheur qui n’est plus à partager.
Tout le monde a un père, tout le monde le perdra.
Personne n’a le même père.

travelling compensé

La solitude semble statique mais comme l’effet du vertige Hitchcockien, la caméra recule en même temps qu’elle zoome. La solitude n’est pas immobile, c’est plutôt deux mouvements qui s’annulent. Je ne sais pas à quel point nous faisons partie de notre monde, mais la frontière doit être bien fine pour qu’il soit si troublant de sentir le paysage et notre cœur prendre distance.

Scan 6

De l’homme de l’ouvrage à l’homme du commun

-Je sais pas comment tu fais… j’pourrais pas moi être comme ça tout le temps avec tout le monde.

Je ne suis pas vierge, je ne suis pas violée par la présence des autres. Je ne suis pas privée, mon intimité n’est pas une arrière-salle. Mon intimité affleure à chaque instant de la vie. Elle ne cherche pas à se rendre visible. Elle ne cherche pas à se dévoiler. Elle est déjà nue, et éternellement chez elle.

Nous avons plus de poids à plusieurs, et pourtant le sentiment de peser moins lourd.

Vivre, s’organiser ensemble, faire corps, faire tache, faire feu de tout bois, affronter, caresser, calmer, clamer, riposter, planter, penser, repenser, repasser, replacer, repenser, penser.

Le commun est aussi indistinct que ce que je suis. Être n’est pas un objet mais une action.

Ça n’est pas la pomme que tu me tends que nous partageons.
Ça n’est pas la pomme que nous partageons.
C’est quelque chose dans son pépin que je n’ai pas encore bien compris.

Plus tard la suite… car la vie continue

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