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Il n’y a plus de raisons sérieuses

Il n’y a plus de raisons sérieuses

De payer les factures, le loyer et les pots cassés.

D’aller au travail le matin, quand il nous assombrit.

De continuer de ramper alors que tout s’est déjà effondré.

Il n’y a plus de raisons sérieuses

D’acheter quoi que ce soit, surtout ce dont on a besoin.

De penser que ça se mérite.

De parler la langue des managers, des journalistes et de faire nôtres leurs logiques.

Il n’y a plus de raisons sérieuses

De respecter les frontières, les plans d’urbanisme et les feux rouges.

De s’identifier à quelconque nation, patrie ou région.

De fermer les yeux (ou celui qu’il nous reste) quand c’est la République qui écrase les peuples.

Il n’y a plus de raisons sérieuses

De s’abandonner aux simulacres électoraux et d’avoir espoir en la représentation.

D’attendre de l’Etat autre chose que la foudre économiste et policière.

De se croire protégé.e.s par la justice et la loi.

De s’obstiner à se réclamer de valeurs universelles qui font couler sang et larmes.

Il n’y a plus de raisons sérieuses

De raisonner la colère plutôt que de la laisser nous éclairer.

De revendiquer plutôt que de s’organiser.

De faire tomber des arbres plutôt que des vitrines.

De frapper à la porte plutôt que de mettre le pied dedans.

Un commentaire

  • Meens 24/10/2019

    L’illustration est remarquable ou réussie. D’où provient-elle ?

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